Appel pour la mission 2015

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ROME, 19 Octobre 2015

À tous les membres de la Congrégation de la Mission 

Chers confrères, 

    Que la grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus Christ
emplissent vos cœurs maintenant et à jamais !

Durant ce mois consacré aux missions, j’adresse à chacun de vous mes salutations fraternelles.

Avant de poursuivre la lecture de cette lettre, je vous invite à réfléchir sur ces paroles de Saint Vincent :

Donnons-nous à Dieu, Messieurs, pour aller par toute la terre porter son saint Évangile ; et en quelque part qu’il nous conduise, gardons-y notre poste et nos pratiques jusqu’à ce que son bon plaisir nous en retire. Que les difficultés ne nous ébranlent pas ; il y va de la gloire du Père éternel et de l’efficacité de la parole et de la passion de son Fils. Le salut des peuples et le nôtre propre sont un bien si grand, qu’il mérite qu’on l’emporte, à quelque prix que ce soit ; et n’importe que nous mourions plus tôt, pourvu que nous mourions les armes à la main ; nous en serons plus heureux, et la Compagnie n’en sera pas plus pauvre, parce que sanguis martyrum semen est Christianorum. Pour un missionnaire qui aura donné sa vie par charité, la bonté de Dieu en suscitera plusieurs qui feront le bien qu’il aura laissé à faire (Coste XI, 412-413)

Durant ce mois d’octobre l’Église nous invite traditionnellement à prier pour les missionnaires et à réfléchir sur la dimension missionnaire de l’Église. Durant ce même mois, la Congrégation de la Mission lance un appel à tous les confrères pour le renforcement de nos missions internationales et d’autres territoires de missions qui ont besoin de notre présence et notre aide. Surtout en cette période critique de l’histoire de l’Église où les chrétiens sont persécutés dans plusieurs parties du monde. Au même moment, plusieurs évènements ecclésiaux significatifs ont eu lieu : la visite du Pape François à Cuba et aux États Unis où il a délivré un message qui a comblé les cœurs d’un grand espoir, le Synode des évêques durant lequel les délégués réfléchissent sur l’important thème de la famille.

Des évènements importants et significatifs ont aussi eu lieu dans la Congrégation de la Mission: les confrères se sont attelés aux Assemblées Provinciales préparatoires à l’Assemblée Générale de 2016, et aussi le processus de reconfiguration qui évolue assez bien surtout dans certaines Provinces Européennes. De plusieurs coins du monde des appels urgents interpellent et provoquent notre générosité apostolique et Vincentienne, pour répondre aux besoins de ces peuples qui crient à l’aide.

Dans cette lettre j’aimerais aussi vous donner un écho d’une activité importante programmée par la Curie Généralice au cours de cette année 2015, à savoir, la toute première rencontre des Supérieurs des missions internationales et provinciales. Cette rencontre a eu lieu à Rome du 14 au 18 septembre. Toutes les missions, aussi bien internationales que provinciales, étaient représentées excepté la mission des Iles Salomon. Durant cette rencontre, les participants ont échangé sur leurs différentes expériences missionnaires, ils ont réfléchi sur la théologie de la mission et ils ont aussi étudié et revisité des documents importants de la Congrégation, tels que la Ratio Missionis, les Statuts des Missions Internationales et le Guide Pratique du Supérieur local.

A la lumière du message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2015, et dans la mouvance de la rencontre des Supérieurs de Missions, je voudrais partager avec vous trois réflexions. Je voudrais surtout, par ce partage, m’adresser à ces missionnaires qui se sentiront motivés et répondront aux appels missionnaires de cette année.

1. Dans son message, le Pape fait allusion à une réalité très liée à notre charisme :   « la mission fait partie de la grammaire de la foi, quelque chose d’essentiel pour ceux qui écoutent la voix de l’Esprit qui murmure en disant Vient et Va au large. Ceux qui suivent le Christ ne peuvent pas ne pas être missionnaires, car ils savent que Jésus les conduit, parle en eux, respire en eux. Ils sentent Jésus présent et vivant au milieu d’eux dans leur déploiement missionnaire ». (Evangelii Gaudium n°266). Nos Constitutions stipulent clairement que la finalité de la Congrégation est de suivre Jésus Christ évangélisateur des pauvres. Ainsi, répondre à un appel missionnaire n’est plus simplement le résultat d’un désir sentimental mais cela fait partie de notre charisme.

2. Par ailleurs dans son message le Pape nous rappelle ceci : « qu’il y a un besoin urgent de réaffirmer que l’idéal central de la mission c’est Jésus Christ, et que cet idéal exige un don total de soi pour l’annonce de L’évangile. Sur ce point il ne peut y avoir de compromis : ceux qui par la grâce de Dieu acceptent la mission, sont appelés à vivre la mission. Pour eux l’annonce du Christ à toutes les périphéries du monde devient leur façon de le suivre, lui qui les récompensera bien plus pour les sacrifices qu’ils font » (Message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2015). Ces membres de la Congrégation de la Mission qui sont appelés à vivre leur vocation missionnaire de façon radicale, doivent consentir à offrir leurs vies à Jésus Christ et aussi consentir à servir ceux qui vivent dans des situations de pauvreté aux périphéries existentielles et géographiques de monde.

3. Enfin, durant la rencontre des Supérieurs des missions j’ai été touché par le fait que les missionnaires sont capables de s’adapter aux réalités des terres de mission où ils ont été envoyés et où ils exercent leur ministère. Ils en sont capables, quoique plusieurs disent n’avoir jamais fait l’expérience de réalités aussi différentes et nouvelles auparavant. Ce qui est en jeu ici ce n’est pas simplement la capacité de s’adapter aux situations différentes et nouvelles, mais aussi l’ouverture qui rend capable de respecter et valoriser la culture des autres (une ouverture qui se manifeste par une volonté d’apprendre la langue locale et d’assimiler les autres nombreux aspects de la réalité nouvelle). J’ai vu cela de mes propres yeux durant mes diverses visites dans ces missions internationales. À ce propos le Pape dit dans son message que : « aujourd’hui la mission de l’Église est confrontée au défi de la rencontre avec les besoins de tous les peuples de retourner à leurs racines et de protéger les valeurs de leurs cultures respectives » (Message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2015).

Dans la partie suivante de ma lettre, je voudrais vous présenter et vous rappeler certains points déjà évoqués les années précédentes, questions sur lesquelles nous devons être suffisamment clairs. Il s’agit des réalités et des besoins des missions, les critères de sélection des missionnaires, les étapes à parcourir par les missionnaires qui veulent se porter volontaires pour les missions internationales et la manière dont vous pouvez contribuer pour le Fonds de Solidarité Vincentienne.

Cette année ce sont les Supérieurs des missions internationales qui parleront et vous adresseront une invitation à vous engager à l’effort missionnaire. Profitant de leur présence à Rome durant la rencontre en Septembre dernier et avec l’aide du service des Communications, chacun de ces missionnaires a diffusé une invitation que vous pouvez regarder en consultant (www.gospeljoy.org). Vous y trouverez aussi d’amples informations concernant le thème, les différents rapports et documents de cette rencontre.

RÉALITÉS ET BESOINS DES MISSIONS

AFRIQUE

  • Angola – (2012). La langue locale est le portugais. Ministère paroissial, accompagnement des communautés locales et de la Famille Vincentienne. Les Missionnaires actuellement présents sont : Marcos Gumieiro, José Ramirez Martinez et Jason Christian Soto Herrera. Ils sollicitent la présence de plus de missionnaires afin d’étendre leur déploiement missionnaire.
  • Benin – (2013). Langue locale le français. Ministère pastoral, accompagnement des Sœurs de la Médaille Miraculeuse et assistance à la Famille Vincentienne. Missionnaires actuellement présents : Stanislav Deszez et Raphael Brukarczyk. Un autre missionnaire est en train de se préparer à rejoindre cette mission, cependant ils ont besoin d’autres missionnaires. Cette mission est soutenue à la base par la Province de Pologne.
  • Tchad – (2012). Mission soutenue par la COVIAM (Conférences des Visiteurs d’Afrique et de Madagascar). La langue locale est le français. Ministère paroissial et enseignement dans les écoles. Missionnaires actuellement présents : Roch Alexander Ramilijoana, Onyeachi Sunay Ugwu et Esigbemi Ambrose Umetietie. D’ici peu un missionnaire quittera cette mission et un autre arrivera pour se mettre au service du diocèse. Cette mission a besoin de plus de soutien. 
  • Tunis – (2011). Les langues locales sont le français et l’anglais. Ministère paroissial, assistance à travers la CARITAS et collaboration avec le Service diocésain de l’éducation. Les Missionnaires actuellement présents sont : Firmin Mola Mbalo et Narcisse Djerambete Yotobumbeti. Ces missionnaires seraient ravis qu’un autre confrère les rejoigne dans leur ministère..

Nouvelle invitation à participer à la mission : dans une lettre récente l’évêque de Tunis m’a dit ceci : « Les paroissiens de Sousse sont des retraités, des expatriés, plusieurs touristes, et des familles mixtes (chrétiens et musulmans). Il serait important d’intensifier le service dans cette paroisse dans le but de continuer à construire des ponts et dialoguer avec la communauté musulmane au nom du service des pauvres dans ce pays. L’Église en Tunisie se situe aux périphéries : elle n’est pas autosuffisante et il n’y a pas de séminaire pour la formation de futurs prêtres. Les prêtres viennent plus de l’extérieur. Le peuple de Dieu à Tunis est composé de près de trois milles étrangers, étudiants expatriés. La majorité de la population est musulmane et de là résulte le fait qu’il y a toujours un esprit de suspicion, d’indifférence et de préjugés vis-à-vis des travailleurs et tous ceux qui essayent de changer à travers le témoignage de leur vie ».

AMERIQUE

  • Bolivie, El Alto – (1994). La langue locale est l’espagnol. Ministère pastoral auprès des populations indigènes ce qui implique un ministère pastoral en zone rural et la formation des laïcs. Les Missionnaires actuellement présents sont : Aidan Rooney, Cyrille de la Barre De Nanteuil et Diego José Pla Aranda. Ils demandent l’assistance de plus de missionnaires. 
  • Bolivie, Cochabamba – (2009). La langue locale est l’espagnol. Ministère pastoral. Les missionnaires actuellement présents: David Paniagua, Jorgue Manrique Castro et Luis Miguel Montanao Flores. 

Nouvelles invitations missionnaires :

  • Il y a un besoin de missionnaires pour la mission de Beni, Bolivie. La Sœur Gerarda FdlC, qui a travaillé en Bolivie pendant plus de 50 ans, m’a écrit en disant : « nous sommes sur le point de conclure trois missions populaires prêchées par les lazaristes avec notre évêque ; nous sommes extrêmement satisfaits de leur ministère. Nous espérons que ces missions seront porteuses de grandes choses avenir. Deux des quatre missionnaires ont affirmé que c’était une des missions populaires les plus difficiles en deux ans de mission itinérante en équipe. Le peuple de Dieu était si content de recevoir les missionnaires et prie qu’ils reviennent. Ce peuple a adressé un au revoir aux missionnaires dans les larmes. Les Filles de la Charité qui travaillent ici sont à un moment critique de leur présence… »

J’ai répondu à la lettre de la sœur en la rassurant que les confrères se dévouent vraiment à faire grandir cette mission et aussi que je soutiens l’idée du partage de la mission entre les branches de la Famille Vincentienne, spécialement durant cette année de la Collaboration dans la Famille Vincentienne.

  • Prélature territoriale de Tefé au Brésil: cette Prélature située au cœur de l’Amazonie brésilienne avait été confiée aux Spiritains. Monseigneur Fernando Barbosa dos Santos CM, est le quatrième évêque de Tefé et le premier qui ne soit pas membre de la Congrégation du Saint Esprit. La Prélature s’étend sur près de 264.669 Km2 avec une population de près de 237.782 habitants. Elle se compose de dix villes, et près de 405 communautés riveraines et 40communautés urbaines. On y trouve 88 communautés indigènes dans 15 villages différents avec une population de 8.500 habitants. C’est un pauvre territoire missionnaire qui a besoin de beaucoup de prêtres et évangélisateurs. Les moyens primaires de transports sont des bateaux (plusieurs heures de voyage dans des conditions difficiles et précaires). La langue est le portugais et la langue locale. 
  • Chilie, Punta Arenas- Tierra del Fuego (2013). La langue officielle est l’espagnol. Cette mission s’investirait dans le ministère pastoral à Punta Arenas. Au début de l’année en cours nous avons accepté l’administration de la Paroisse de Tierra del Fuego. Les Missionnaires actuellement présents sont : Angel Ignacio Garrido Santiago, Pablo Alexis Vargas Ruiz et Margarito Martinez Gonzalez. Ils ont besoin de plus de missionnaires. 
  • Anchorage, Alaska – (2014). Les différentes langues parlées sont l’anglais et l’espagnol. Les confrères s’investissent là-bas auprès des Latinos vivant dans le diocèse d’Anchorage. Les Missionnaires actuellement présents sont : Andrew Bellisario, Arnoldo Hernandez Rodriguez, Pedro Nel Delgado et ils attendent l’arrivée de Jésus Gabriel Medina Claros.

ASIA

  • Iles Salomon – (1993). Les langues parlées sont l’anglais et le pidgin. Les confrères sont engagés dans la formation des candidats de la Congrégation (grand séminaire) et dans le ministère pastoral en milieu rural. Les Missionnaires actuellement présents sont : José Manjaly, Raùl Eduardo Castro, Gregory Cooney, Varghese Ayyampilly et Antony Punnoth. En 2016 Ricardo Padrhan et Paulus Suparmono commenceront leur service là-bas. Il y a toujours un besoin de missionnaires pour enseigner soit la Philosophie soit la théologie.
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée – (2003). Les langues parlées sont l’anglais et le pidgin. La mission là-bas se déploie dans plusieurs diocèses. En plus de la formation que les confrères assurent au Séminaire de Port Morsby, les missionnaires sont aussi engagés dans le ministère paroissial en milieu rural et ils travaillent au Centre de formation missionnaire et culturelle. Les missionnaires actuellement présents sont : Homero Marin, Marceliano Oabel, Emmanuel Lapaz, Jacek Tendej, Neil Lams et Joel Bernado Yco. Justin Eke continue sa formation pour l’instant.

LES BESOINS PRÉSENTS :

En plus des besoins des missions internationales, nous avons aussi besoin des missionnaires volontaires pour soutenir nos missions provinciales :

  • Province de la Chine : la Province de la Chine continue de pourvoir aux besoins pastoraux du peuple de Dieu qui est à Taiwan et à l’intérieur de la Chine. La langue parlée est le mandarin et les confrères s’y investissent dans divers ministères. 
  • Vice Province des saints Cyrille et Méthode : cette Vice Province a émergé avec le soutien des missionnaires venus d’autres Provinces. Le nombre de missionnaires locaux est en pleine croissance. Les œuvres de Charité ont été mises sur pied afin de pourvoir aux besoins matériels et pastoraux des pauvres. Avec ses ministères en Ukraine, Russie et Biélorussie, la Vice Province est prête à accueillir les confrères volontaires pour travailler avec eux (soit à long terme ou à court terme). Présentement il y a des missionnaires venus d’Afrique, de l’Inde et dans très peu de temps un missionnaire venant du Vietnam. La langue parlée est le russe. 

APPELS URGENTS :

  • Province de Cuba : même si cette Province est en plein processus de reconfiguration avec une autre Province, elle connait un manque de personnel en son sein. La langue parlée est l’espagnol et les confrères seraient les bienvenus pour y travailler (soit à long terme soit à court terme).
  • Vice Province du Mozambique : les membres de cette Vice Province sont engagés dans le service des hommes et des femmes qui vivent dans l’indigence, aussi dans la formation des séminaristes, avec une mission en Afrique du Sud. Cette Vice Province dépend et fonctionne encore avec les missionnaires venus d’autres Provinces. Ils sont prêts à accepter de nouveaux membres dans leur équipe missionnaire. La langue parlée est le portugais et la langue locale. Il y a près de 29 postes de mission mais seulement 17 missionnaires. 

Puisque j’ai commencé cette lettre avec des paroles de Saint Vincent de Paul quand il parlait de l’esprit missionnaire, j’aimerais la conclure avec d’autres paroles de notre Fondateur faisant allusion à deux confrères, Nicolas Duperroy et Guillaume Desdmaes, missionnaires en Pologne :

Mais qu’ont-ils souffert en ce pays-là ? La famine ? Elle y est. La peste ? Ils l’ont eue tous deux, et l’un par deux fois. La guerre ? Ils sont au milieu des armées et ont passé par les mains des soldats ennemis. Enfin Dieu les a éprouvés par tous les fléaux. Et nous serons ici comme des casaniers sans cœur et sans zèle ! Nous verrons les autres s’exposer aux périls pour le service de Dieu, et nous serons aussi timides comme des poules mouillées ! O misère ! (Coste XI, 412)

 Votre frère en Saint Vincent,

G. Gregory Gay, C.M.
Supérieur Général 


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